Efficacité énergétique des bâtiments publics : la direction générale de l’énergie œuvre à la mise en place d’une chaîne de financement, de l’audit énergétique à l’exploitation

Efficacité énergétique des bâtiments publics : la direction générale de l’énergie œuvre à la mise en place d’une chaîne de financement, de l’audit énergétique à l’exploitation

Avec une consommation de 532 GWh d’électricité et une facture avoisinant 57 milliards de francs CFA en 2025, les bâtiments publics ivoiriens représentent une charge énergétique considérable pour l’État. Afin d’en assurer la maîtrise, la Direction Générale de l’Énergie (DGE) a réuni, les 24 et 25 septembre à Grand-Bassam, les administrations concernées, les partenaires techniques et financiers ainsi que les établissements bancaires, à l’occasion d’un atelier de réflexion consacré au financement de l’audit énergétique, de la rénovation et de l’exploitation durable des bâtiments de l’État.

À l’ouverture des travaux, M. Ehouman KALIFA NARCISSE, Directeur Général de l’Énergie, a présenté l’efficacité énergétique de l’administration comme un « levier stratégique pour maîtriser les charges de l’État », mais également comme un moyen d’optimiser les capacités nationales de production, dans un contexte marqué par une hausse continue de la demande. Au-delà des économies escomptées, il en a souligné les retombées positives sur le confort des usagers, la préservation du patrimoine immobilier public et le respect des engagements climatiques de la Côte d’Ivoire.



Le Directeur Général de l’Énergie a rappelé le cadre réglementaire en vigueur, renforcé par l’arrêté interministériel du 23 avril 2024 relatif à l’audit énergétique obligatoire et périodique. La mise en œuvre de ce dispositif a permis de recenser soixante-dix-neuf (79) bâtiments publics particulièrement énergivores, appelés à faire l’objet d’un audit, puis d’une rénovation. Il a toutefois tenu à souligner que l’obligation réglementaire et l’audit ne sauraient, à eux seuls, suffire : en l’absence de mécanismes de financement adaptés, les recommandations formulées demeureraient lettre morte. Tel est précisément l’objet de cet atelier, qui vise à fédérer la Direction Générale de l’Énergie, les ministères en charge du Plan, du Budget et de la Construction, la SONAPIE, l’Agence Comptable Centrale du Trésor ainsi que les bailleurs de fonds, en vue de bâtir une « chaîne de financement cohérente ».



À cette occasion, la DGE a présenté une fiche projet élaborée dans le cadre du Plan National de Développement (PND) 2026-2030, portant sur la réalisation d’audits complémentaires, la rénovation de bâtiments prioritaires et la mise en place d’un dispositif de maintenance pérenne. Le Directeur Général a précisé que cette fiche n’avait pas vocation à être validée collectivement, mais à être soumise à l’appréciation des partenaires financiers. Il a, à cet égard, invité ces derniers à se prononcer « de la manière la plus concrète possible » sur les dépenses éligibles au financement, les instruments mobilisables, les enveloppes envisageables, la contrepartie nationale, les garanties requises, les critères de bancabilité ainsi que les délais d’instruction.

La seconde journée des travaux sera consacrée au partage d’expériences de l’Agence Comptable Centrale du Trésor, notamment à travers le cas de l’immeuble SOGEFIHA.



Les travaux devraient aboutir à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle précisant, pour chaque recommandation, l’action à mener, le responsable, les partenaires impliqués et la source de financement. Le Directeur Général a, en conséquence, exhorté les participants à formuler des propositions « réalistes, directement applicables », conformes aux procédures nationales comme aux exigences des bailleurs de fonds.

Auparavant, le Directeur de la Maîtrise de l’Énergie avait salué l’appui apporté par le Fonds National de Maîtrise de l’Énergie (FONAME).

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