Sangafowa-Coulibaly à Alger : Signature d'un partenariat stratégique dans les secteurs extractif et énergétique

Sangafowa-Coulibaly à Alger : Signature d'un partenariat stratégique dans les secteurs extractif et énergétique

En déplacement à Alger depuis le 28 mars, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a conduit une série d'audiences de haut niveau, témoignant d'une volonté résolue : ériger l'Algérie en partenaire privilégié de la transformation énergétique de la Côte d'Ivoire. Cette visite s'inscrit dans une ambition affirmée de structurer une coopération « stratégique », résolument opérationnelle et tournée vers des résultats tangibles.

Une première audience pour jeter les fondements d'un partenariat structurant dans les hydrocarbures

La séquence s'ouvre sur une rencontre avec le ministre d'État algérien chargé des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab. Les échanges donnent d'emblée le ton : il n'est plus question d'une coopération de principe, mais d'un partenariat qui a vocation à monter en puissance, articulé autour de projets concrets couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures, ainsi que l'ont souligné les représentants des deux gouvernements.

Alger met en avant son expérience intégrée, de l'amont pétrolier jusqu'à la pétrochimie, et manifeste sa disposition à accompagner Abidjan, notamment dans les domaines de l'exploration, du raffinage, de la formation et de la structuration du cadre réglementaire.

En retour, la Côte d'Ivoire assume pleinement sa volonté de s'appuyer sur des partenaires « solides, fiables et expérimentés » pour accélérer la transformation de son secteur énergétique.

Un accord fondateur pour structurer la coopération

Point d'orgue de cette première étape : la signature d'un accord de coopération dans les domaines des hydrocarbures et des mines. Loin de se réduire à un simple texte à portée diplomatique, cet instrument a été présenté par les deux ministres comme un cadre structurant, destiné à ouvrir la voie à des accords plus spécifiques et opérationnels, à favoriser le transfert de compétences et à accélérer la mise en œuvre de projets à fort impact.

Pour le ministre ivoirien Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cet accord marque un tournant décisif. Il en souligne la portée stratégique dans un contexte international incertain, insistant sur le fait qu'il constitue avant tout le point de départ d'une coopération appelée à se consolider durablement.

« La Côte d'Ivoire, mon pays, est aujourd'hui engagée dans une dynamique de transformation de son secteur énergétique. Cette transformation suppose des réformes et des investissements. Mais elle suppose aussi et surtout des partenaires solides, fiables et expérimentés. Et je le dis, l'Algérie peut être l'allié stratégique de la Côte d'Ivoire. Un pays qui a su bâtir une industrie énergétique intégrée », a déclaré le ministre ivoirien.


Une deuxième audience tournée vers l'électricité et l'urgence opérationnelle

Dans la continuité de ces échanges, Mamadou Sangafowa-Coulibaly s'est entretenu avec le ministre algérien de l'Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal. L'attention se porte cette fois sur le secteur électrique, dans lequel l'Algérie dispose d'atouts industriels considérables : une capacité installée de 27 000 MW dont la moitié seulement est mobilisée à l'échelle nationale, un réseau de 440 000 kilomètres de lignes électriques, une clientèle de 13 millions d'abonnés à l'électricité et de 8 millions au gaz, et surtout la maîtrise de l'intégralité de la chaîne de valeur, y compris la production locale d'équipements.

Face à une demande énergétique en forte progression, la Côte d'Ivoire recherche des solutions efficientes. Le ministre ivoirien a exprimé l'intérêt que représenterait une coopération visant à renforcer les infrastructures nationales, à densifier les réseaux, à accroître les capacités de production et à répondre à des besoins en constante augmentation, dans l'attente de la montée en puissance de ses propres ressources gazières.

Cette séquence traduit une démarche éminemment pragmatique : au-delà des ambitions de long terme, Abidjan entend obtenir des résultats concrets à court terme, en mobilisant l'expertise algérienne.

Une immersion au cœur du modèle Sonatrach

La troisième étape a conduit la délégation ivoirienne au siège de Sonatrach, véritable pilier du modèle énergétique algérien. Cette rencontre technique avec la haute direction du groupe a permis d'aborder des questions de fond : organisation industrielle, performance à l'exportation et intégration des activités au sein d'une holding de premier plan regroupant 149 filiales.

Pour la partie ivoirienne, l'enjeu consistait à examiner dans le détail cette réussite susceptible d'inspirer Petroci, bras technique de l'État dans le secteur des hydrocarbures, en vue de structurer une filière nationale davantage intégrée.

L'Algérie, pour sa part, a réaffirmé sa disponibilité à accompagner cette mutation, dans un contexte où la Côte d'Ivoire s'apprête à changer d'échelle grâce au développement de ses ressources, notamment le champ Baleine, qui permettra au pays de porter sa production de 60 000 à plus de 200 000 barils par jour dans les toutes prochaines années.

Au fil de ces audiences successives, une ligne directrice s'est clairement imposée : faire de la coopération Sud-Sud un vecteur concret de transformation économique. Le ministre Sangafowa-Coulibaly l'a affirmé avec netteté, appelant à transcender les déclarations d'intention pour bâtir des partenariats authentiques, fondés sur l'investissement, le transfert de compétences et la co-construction de projets structurants.


Articles